Who Run the Tech ? Elles ! Et on est allé leur parler

IA explicable et sororité

Cécile Hannotte, Data Scientist chez OnePoint, nous a parlé des enjeux de la transparence des IA. Le sujet de sa conférence « IA-404 : Explication not found«  nous éclaire sur la démarche d’une IA qu’on entraîne à se justifier. Elle aborde aussi avec nous l’importance de la sororité dans le monde de la tech


Utiliser TestContainers

Adriana Nava Aguilar, développeuse et consultante chez Néosoft, aborde à notre micro son rôle en tant qu’ambassadrice du réseau Women TechMakers avant de répondre à notre problématique d’uniformisation des tests. Sa conférence, « TestContainers : un allié pour faire des tests d’intégration sans douleur », propose de revoir les fondamentaux de cet outil.


La Jamstack, c'est obsolète ?

Alex Palma, développeuse front-end et consultante chez Zenika, nous parle du challenge qu’a représenté la création de sa conférence « JAMing with Performance ».


Ces astuces de dev' qui n'en sont pas

Amy Ndiaye est développeuse web chez Younup. Elle a créé la conférence « FBI (Fausse Bonne Intégration) : ces astuces et bonnes pratiques qui sabotent vos sites et applications web » dans le but de réduire le nombre de tickets récurrents, notamment lorsqu’on touche à l’accessibilité d’un site web


N'utilisez pas le feature flipping

Dorra Bartaguiz, CTO chez Arolla, a développé sa conférence « Améliorer l’implémentation du feature flip pour réussir à avoir du flow » à la suite d’échanges à propos du feature flip sur les réseaux. Elle en tire une présentation proposant une alternative saine à cette pratique


Les jeux vidéos inclusifs

Noélie Roux est Engineering Manager, et aussi membre de l’association Game’Her qui promeut l’inclusivité dans les secteurs du jeux vidéo et du streaming. Cette seconde activité l’a amené à créer sa conférence « Succès débloqué : rendre son jeu vidéo accessible ».


In Mob we trust

Marjorie Aubert et Manon Carbonne, toutes deux développeuses web chez Comet et Shodo, font également parti du meetup Mob Programming France. Elles partagent avec nous leur passion pour le mob programming, ses avantages, ses bénéfices et ses possibles


La cyber pour tous

Valérie Viet Triem Tong est Professeur en Cybersécurité à CentraleSupelec, elle est aussi responsable d’une équipe de recherche appelée PIRAT\’);. On lui a demandé de nous donner, selon elle, les réflexes à avoir en termes de cybersécurité pour bien protéger son smartphone, son ordi, mais aussi, les autres utilisateurs.



Interview Ali Moutaib : Croissance et disparités technologiques des pays d'Afrique

Sur le compte Instagram de l’agence (@cool_it_fr), on parlait la semaine dernière des inégalités et disparités technologiques entre les continents : Qui a accès à Internet ? Quelles sont les habitudes ? Quel est l’impact des disparités sur le développement des pays ? Le développement des personnes ?

Afin de compléter nos différentes publications, sous forme de cartographie, nous avons également échangé avec Ali Moutaib, Directeur d'un cabinet de conseil, spécialisé en stratégie et intelligence économique, basée au Maroc.

Nous avons souhaité en savoir plus sur la vision business, qu’on pouvait porter sur les évolutions technologiques des pays d’Afrique.

#1 — Peux-tu te présenter ?

Ali Moutaib, directeur associé d'un cabinet spécialisé en stratégie et intelligence économique, je suis aussi directeur d’une filiale d’une école du même secteur.

#2 — Peux-tu présenter ton activité professionnelle ? Pourquoi fait-on appel à ta société ?

 Le métier de la data et de l’information est au cœur des services que nous proposons à nos clients. Si la data est considérée comme le pétrole du 21ème siècle, notre objectif est d’en faire un levier créateur de valeur pour nos clients.

Soit en protégeant leurs actifs : mise en place de veille stratégique et compétitive pour leur produit, mais aussi des services de gestion de risques et de crise (informationnel, cyber). Nous exploitons aussi l’information afin de booster la compétitivité, et la visibilité de nos clients, à travers nos outils d’analyse.

#3 — Pourquoi avoir choisi d'installer ton activité au Maroc ?

Avec une approche business et de coopération sud-sud dynamique sur le continent africain, le Maroc est aujourd’hui un pivot géopolitique et business se situant entre l’Europe, le Moyen Orient et l’Afrique. Notre cabinet a choisi d’accompagner ce mouvement en essayant d’apporter notre pierre à l’édifice.

#4 — Quelle place occupe le web et les nouvelles technologies dans ton activité ? Celle de tes clients ?

La digitalisation occupe aujourd’hui une place de première importance dans le cœur de métier, et des préoccupations de nos clients. Internet est au cœur des enjeux stratégiques des missions, sur lesquelles nous intervenons. Il constitue aussi un levier de développement important dans notre entreprise, que cela soit dans nos processus métiers, mais aussi dans notre stratégie de développement, et à travers nos outils d’analyse de data

#5 — Quelle vision as-tu des disparités entre les différents pays d'Afrique, en termes de développement technologique et d'innovation ?

Il faut noter que le continent africain a rattrapé son retard au niveau du développement technologique et d’innovation ces 20 dernières années.

Les initiatives technologiques ne manquent plus au continent, et la crise sanitaire a aussi accéléré ce phénomène.

Néanmoins, les disparités restent présentes, et se traduisent plus dans les zones rurales, moins connectées, et plus pauvres en termes d’accès à l’information, que les zones urbaines. C’est ce qui accentue plus cette hétérogénéité.

#6 — Comment peut-on expliquer ces disparités ?

Les raisons sont multiples, nous pouvons citer :

·      La pauvreté dans les pays les moins avancés, car le coût pour avoir accès à l’information est très élevé

·      L’éducation et l’analphabétisme sont l'une des principales raisons pour lesquelles certains pays d’Afrique sont à la traîne par rapport au reste du monde.

·      Les politiques gouvernementales, certains pays du continent investissent moins dans les nouvelles technologies, que les autres pays du monde

·      Les infrastructures inadéquates sont également un facteur contribuant à cette disparité, notamment les zones rurales qui sont moins connectées.

#7 — Quels sont les impacts principaux sur les populations ?

Si des mesures rigoureuses ne sont pas prises pour réduire le fossé entre ces pays, les disparités seront de plus en plus flagrantes, et nous auront une fissure au sein du continent. Ce qui créera une Afrique à deux vitesses. Tous les secteurs seront impactés : Industrie, agriculture informatique…etc.

#8 — Aujourd'hui, quels sont les besoins principaux liés à internet des différentes populations ?

Internet a révolutionné les communications, à tel point qu'il est désormais notre moyen de communication préféré au quotidien.

Mais il a lui-même été transformé. Si nous nous rappelons bien qu’à ses débuts, il s'agissait d'un réseau statique conçu pour transporter un petit fret d'octets ou un message court entre deux terminaux ; c'était un référentiel d'informations où le contenu était publié et maintenu uniquement par des codeurs experts. Aujourd’hui nous sommes tous des commentateurs, des éditeurs et des créateurs.

Internet n'est plus uniquement un échange d'informations : c'est un outil multidisciplinaire sophistiqué. Il est l'un des principaux moteurs de l'économie d'aujourd'hui. Personne ne peut être laissé pour compte. Même dans un cadre macroéconomique difficile, Internet peut favoriser la croissance, associée à une productivité et une compétitivité accrue.

#9 — Où se situent les bassins d'innovation et de compétitivités informatique africains les plus importants ?

Le Nigeria, l'Afrique du Sud et le Kenya sont dans le top 5 des pays africains avec les écosystèmes de startups les plus développés.

Il faut par ailleurs noter aussi un écosystème d’innovation très important au Rwanda, mais aussi en Egypte, principalement dans l’industrie de la Fintech.

#10 — Quels sont les activités informatiques les plus compétitifs sur ces bassins ?

Software & Data, Fintech, la technologie de l'énergie et de l'environnement, la technologie du commerce électronique et de la vente au détail, la technologie des transports et la technologie de l'éducation.

#11 — Quelles sont les solutions / initiatives mises en place ou à venir pour réduire les inégalités techniques ?

Pour réduire ces inégalités techniques il faut combattre et résoudre les problèmes qui les engendrent : investir dans les infrastructures, dans la formation, contrer la pauvreté à travers l’éducation, et surtout combattre la corruption. Ce ne sont pas les richesses qui manquent sur le continent, mais l’exploitation des richesses qui est mise en question. L’adoption même d’une politique technologique pourrait permettre d’économiser de 5 à 9 milliards de dollars, soit environ 1,7 % du PIB (Digital Révolutions in Public Finance, FMI, 2017).

 

Interview réalisée dans le cadre du thème
« Le web est-il égalitaire ? »
Retrouvez les post ici : https://www.instagram.com/cool_it_fr/ 


Interview de Sylvain Abélard : Les entreprises peuvent-elles utiliser des logiciels gratuits ?

« L’internet libre est-il gratuit ? » C’est la question qui a rythmé la rédaction d’un des thèmes de notre Instagram : @cool_it_fr

Pour y répondre, nous avons abordé la question sous plusieurs angles :


  • Celui des internautes
  • Celui des professionnels du contenus
  • Celui de l’économie

En tant qu’informaticien•ne, quand nous pensons à « la gratuité », nous pensons à l’Open Source. Et bien souvent, nous grinçons des dents, parce qu’en tant que créateur-technicien, pour nous rien n’est jamais vraiment gratuit, et ne devrait jamais l’être totalement pour rester performant et sûr pour les internautes.

Sylvain Abélard, ingénieur Software et partner de la société Faveod, a pris le temps d’échanger avec nous à ce sujet.


#1 – Quel est ton rapport à la gratuité des services en ligne ?

En tant que client, je veux du tout gratuit. Mais si c’est gratuit, c’est vous le produit !

Dans l’ensemble j’ai tendance à fuir le Web gratuit même si la prison Google est dorée.

Mais pas que Google : les exemples ne manquent pas ! Il faut « juste » suivre l’argent et l’histoire.

Les services Google sont pratiques, et comme tout le monde j’apprends ensuite leur coût en données personnelles, en services qui me rendent captifs (le confort d’un tableur partagé), en services qui ferment (Reader, leurs nombreuses messageries) ou qui font le bras de fer avec les acteurs établis (la presse, les commentaires sur Maps).

J’ai appris à me méfier de services qui montent trop vite, puis qui ferment les accès à du contenu que je voulais voir ouvert (Quora, Medium). On sait bien qu’exposer son travail chez un autre, c’est prendre le risque qu’il garde, change, ferme…

On pourrait aussi vouloir un monde moins centralisé, et s’efforcer de prendre des services « moins chers et très pratiques ». Hélas, ils se feront plus ou moins rapidement racheter : Instagram, WhatsApp, Bandcamp, Skype, Tumblr… avec les changements au service que cela peut impliquer.


« En tant que consommateur responsable, je suis content de payer pour des services de qualité, et aussi pour montrer qu’une approche légale et profitable existe. »

Quitte à parler d’histoire ancienne, durant un très court laps de temps, on a vu du RSS partout : des outils ouverts, le rêve que chacun ait son petit serveur et sa part d’internet à soi ! On avait des agrégateurs, des outils permettant de se faire des pages, qui utilisent plusieurs services ouverts…

Puis très vite les intérêts commerciaux ont cherché à re-centraliser ce qui était décentralisé, souvent à perte, dans l’espoir de devenir un acteur indispensable et monétiser tout cela.

En tant que consommateur responsable, je suis content de payer pour des services de qualité, et aussi pour montrer qu’une approche légale et profitable existe. À l’époque, le « danger du piratage » faisait parler jusqu’à l’Assemblée ; depuis, Netflix a mis tout le monde d’accord… et le marché s’est de nouveau fragmenté, le piratage revient plus fort, et ainsi de suite.

Payer, c’est aussi pouvoir voter avec son porte-monnaie : quand diverses entreprises ont voulu ajouter des NFT dans leur produit, il a fallu des mouvements de communautés entières pour dire aux managers « non, nous n’en voulons pas, et nous sommes prêts à quitter le service ».


#2 – Pour nous, Internet s’est fondé sur la gratuité des savoirs et sur le partage, que penses-tu de l’évolution des modèles économiques dans notre accès au contenu ? (tiping, abonnement, crypto…)

Je ne pense pas qu’Internet se soit fondé sur la gratuité.

Internet, ce sont des réseaux décentralisés, pour des raisons stratégiques : d’abord pour l’armée, puis pour les universités qui ont le partage dans leur ADN…(quoique, avec le business des publications et des revues, ça n’est pas si évident).

Internet, c’est pleins d’acteurs qui pensaient faire beaucoup d’argent et qui ont vu ces rêves mis à mal par un acteur dominant, par du piratage, etc.


 

Ça a culminé en 2000, par une énorme bulle spéculative, et notamment pour toutes les entreprises qui voulaient faire « l’argent de demain ». Finalement c’est Paypal le seul gagnant de cette époque, et dont certaines personnes (la « paypal mafia », Elon Musk par exemple) façonnent encore les modes aujourd’hui.

Personne ne fait d’infrastructure télécom gratuite, personne n’a d’électricité gratuite.

Le partage d’idée gratuit, c’est un acte militant : les mouvements Logiciel Libre, Linux…

Même Firefox fait de gros accords pour proposer un moteur de recherche par défaut.

Même Framasoft, qui fournit de super services, ont bien besoin de se financer quelque part. Ils ont été plébiscités par les profs durant la crise du COVID, et ils ont dû se fendre d’une tribune politique sur le gratuit, les associations, le service public et la mission de l’État.


#3 – L’événement Log4shell a remis sur la table le sujet des développeurs qui travaillent bénévolement à créer des solutions OpenSource. Penses-tu que cela remette en question la gratuité de ce type de modèle ?

Je ne sais pas si log4shell est un événement.

Preuve par XKCD :  https://xkcd.com/2347/ (je m’attendais à ce qu’il soit plus vieux)

La maintenance n’est jamais sexy, les problèmes sont connus sans qu’on les regarde.

Les process de sécurité des entreprises disent déjà qu’il faut auditer un peu ses dépendances.

On ne peut pas tout refaire, on doit bien faire confiance à des briques qui ne sont pas chez nous. « Faire, réutiliser, ou acheter » est une question qui se pose tous les jours dans toutes les DSI.


« Le souci n’est pas le gratuit, c’est de mal exploiter le gratuit. »

Une entreprise peut très bien bâtir des choses et faire de l’argent avec des briques gratuites. Elle devrait s’engager, non pas pour l’idéologie, mais simplement pour respecter la loi, protéger ses profits, vérifier que toutes les briques sont encore saines. Le souci n’est pas le gratuit, c’est de mal exploiter le gratuit.

Enfin, la santé mentale des devs Open Source n’est pas un sujet nouveau. On leur en demande davantage, on les traite mal. Il y a des développeurs qui disparaissent ou qui sabotent leurs projets et qui, durant quelques jours, mettent à terre toute une chaîne de sécurité.

Sur les paquets NPM, par exemple, il y a eu ce dev qui a saboté son code dont dépendaient des entreprises, et qui a permis à des pirates d’y mettre des attaques.


Log4shell, c’est la continuité de tout cela, avec peut-être une composante absurde en plus : dans le processus de justification de sécurité, de grosses entreprises ont demandé des audits gratuits à des personnes physiques, qui n’avaient absolument aucun engagement envers elles.


#4 – Selon toi, quel service devrait rester gratuit ? Être payant ? Et pourquoi ?

Rien ne restera gratuit.

Les services publics seront gratuits, car ils sont payés par nos impôts : bibliothèques, médiathèques, services pour participer à la vie locale ou nationale…

D’autres auront une étiquette gratuit et se rémunèreront autrement, via la pub, des partenariats, des produits annexes etc.

Certains services continueront via des plateformes de tipping ou de mécénat, ou tenteront de proposer « mieux que gratuit » (article de Kevin Kelly en mai 2008) : l’immédiateté, coffrets prestige, soutien aux créateurs… à ce titre, les streamers de Twitch sont sûrement un phénomène qui devrait intéresser bien davantage.

 


Amour & entrepreneuriat — Interview de Fen et Erwan dirigeants de l'agence Cool IT

À l’occasion de la Saint-Valentin, nous avons eu l’idée de réaliser des interviews de couples qui baignent, de près ou de loin, dans un secteur informatique. Vous pouvez retrouver une version condensée sur notre compte Instagram : Cool IT.
Par soucis de synthèse, on n’a pas pu partager l’entièreté des interviews sur Cool IT. On profite du Cool IT Blog pour vous proposer l’ensemble des échanges qu’on a eus.

Qu’ils soient un couple de développeur, depuis toujours ou en reconversion, entrepreneurs ou hybride, nous avons souhaité échanger avec Aude et SimonG. et F.Chenchen et Julien, Fen et Erwan, sur la place qu’occupe leur profession dans leur vie de couple, comment ils communiquent et équilibrent le professionnel du personnel.

Nous terminons cette semaine de l’amour avec un interview des dirigeants de l’agence, Fen et Erwan, partenaires dans la vie et au bureau

 

Est-ce que vous pouvez vous présenter tous les deux, ainsi que votre activité ? 

Fen — Je m’appelle Fen, j’ai 31 ans. Comme activité principale, je suis Analyste fonctionnelle et Cheffe de projet au sein de l’agence Cool IT, co-fondée avec Erwan. En parallèle, comme c’est une petite agence, j’assure aussi le poste de Responsable de communication et marketing, Manager et rédactrice de contenus pour nos différents comptes sociaux, notamment Linkedin et Instagram

Erwan — Je m’appelle Erwan, j’ai 33 ans. Je suis Ingénieur Informatique. En parallèle, je suis Président de l’agence Cool IT ainsi que chef de projet IT, développeur web et responsable financier.

 

Comment vous êtes-vous rencontrés tous les deux ? 

Fen et Erwan — On s’est rencontré dans le cadre de la création d’un autre projet d’Erwan, avec un ancien associé, Jaimie. C’était un projet d’appli de networking entre entrepreneur et freelance. À l’époque, on avait besoin d’un profil de communicante, qui s’est avéré être Fen, une pote de Jaimie. La suite is history comme on dit ! On ne s’est plus quitté depuis !

 

Est-ce que travailler ensemble ne vous a pas fait peur (pour votre relation) ? 

Fen et Erwan — Ha si carrément ! C’est même la principale raison pour laquelle on s’est longtemps tourné autour sans rien faire (rires). À l’époque, on était une équipe de 6 personnes, tous en train de charbonner pour lancer l’appli. Quand on a commencé à se fréquenter, on a choisi d’en parler à personne, pour qu’on ait pas l’impression que Fen avait un traitement différent. Dans cette situation on se pose pleins de question, qu’est-ce qui va se passer si ça s’arrête ? Est-ce que l’équipe va l’accepter ? Comment on gère les conflits perso, dans le pro ?

 

Connaissiez-vous le métier de l’autre dans son intégralité avant de vous rencontrer ?

Fen — Pas du tout ! J’ai eu une formation classique en communication avec des orientations au départ entre la mode, la musique et le théâtre. Un monde, à l’époque, complètement éloigné de l’informatique. Même si, avant de rencontrer Erwan, j’ai toujours bossé dans le digital, j’ai découvert avec son métier, qu’il y avait bien plus derrière le web. Découvrir son métier m’a motivé à me reconvertir dans le conseil IT !

Erwan — Absolument pas ! Je pensais que la communication c’était juste d’envoyer des messages sur les réseaux sociaux. Je ne savais pas que ça demandait autant d’organisation, de structuration et d’actions différentes, ni l’apport que ça a dans les métiers de l’informatique. Ça m’a permis de faire évoluer mon propre métier.

 

Comment et pourquoi avez-vous voulu créer votre entreprise ensemble ? 

Fen — Très honnêtement, je n’ai pas eu le choix. J’étais paumée, au chômage, avec quelques missions freelance mal rémunérées. Je prenais n’importe quel projet qui allait me permettre de payer mon loyer. J’ai rejoint le 1er projet d’Erwan pour l’équipe, qui avait l’air plus saine que mon milieu d’origine, avec des perspectives nouvelles, et l’opportunité d’apprendre de nouvelles choses.

Erwan — C’est l’entreprise qui est venue à nous ! Notre collaboration a évolué tout au long de notre projet, qui en a amené d’autres. Nous avons naturellement développé l’entreprise sans réellement se poser la question concernant notre couple. On s’est rendu compte progressivement qu’on travaillait bien ensemble, qu’on se complétait bien.

 

Est-ce que finalement, votre couple est votre force, dans le travail ? 

Fen et Erwan — C’est certain ! On dit souvent que si ça marche entre nous dans le privée, c’est parce qu’on s’est construit ensemble au travail. On est assez fiers d’arriver à faire la part des choses. Ça peut être flippant parfois, parce qu’on a l’impression d’avoir une double vie. Comme on a traversé des événements très difficiles en tant qu’entrepreneur, on savait qu’on arriverait à traverser n’importe quoi en tant que couple

 

Avez-vous des règles, des tips à donner pour conserver un équilibre entre vie perso et vie pro ? 

Les deux — Après l’heure c’est plus l’heure ! Quand le travail est fini, interdiction d’en parler !

Erwan — Je dirais : ne rien se cacher, que ce soit dans le pro ou dans le perso. Il faut qu’on puisse rester transparent l’un envers l’autre. La communication est reine ! Je dirais aussi qu’il est important que chacun ait des passe-temps à elle ou à lui, seul-e ou avec son cercle de proche. Sinon on aurait rien à se dire haha !

Fen — De mon côté, je dirais qu’il n’y a pas à culpabiliser de ne pas être toujours capable de séparer les deux. Nous sommes mariés et associés. Notre entreprise finance nos projets de famille, c’est une réalité. D’autant plus que notre dynamique à deux, c’est la stabilité de la boîte. Il est naturel et humain que parfois nos problèmes pro influent sur le perso et inversement. Tant qu’on arrive à trouver une solution, ça ne devrait pas être un tabou.

 


Amour & Reconversion — Interview de G. et F. développeur-se Ruby on Rails et React

À l’occasion de la Saint-Valentin, nous avons eu l’idée de réaliser des interviews de couples qui baignent, de près ou de loin, dans un secteur informatique. Vous pouvez retrouver une version condensée sur notre compte Instagram : Cool IT.
Par soucis de synthèse, on n’a pas pu partager l’entièreté des interviews sur Cool IT. On profite de l’AsgoBlog pour vous proposer l’ensemble des propos qui ont été échangés avec les couples qu’on a rencontrés !

Qu’ils soient un couple de développeur, depuis toujours, ou en reconversion, entrepreneurs ou hybride, nous avons souhaité échanger avec Aude et SimonG. et F.Chenchen et Julien, Fen et Erwan sur la place qu’occupe leur profession dans leur vie de couplecomment ils communiquent et équilibrent le professionnel du personnel.

Pour l’interview du jour, nous avons échangé avec G et F, tous les deux devenus développeur•ses Ruby on Rails suite à une reconversion professionnelle.

 

Vous faites quoi dans la vie tous les deux ? 

G — Je suis un ancien comédien, j’ai entamé ma reconversion en 2017. J’ai maintenant 4 ans d’expérience en tant que développeur Web sur RoR et React.

F — Je suis issue du milieu de l’hôtellerie. J’ai entamé ma reconversion durant une grossesse. Ce qui devait n’être qu’un passe temps et devenu un métier. Je me forme depuis 1 an et demi. Après 6 mois de stage, je viens de décrocher mon premier CDI en entreprise.

 

Qu’est-ce qui vous a attiré vers cette profession ?

F & G — A notre rencontre, nous n’étions pas développeur et développeuse.

G — J’ai toujours été un peu geek et F plutôt anti-écran. On s’est retrouvé finalement dans un entre-deux assez logiquement.

F & G — On a toujours quelque chose à apprendre. L’idée est aussi de pouvoir travailler de n’importe où en France. On s’imagine une belle vie en dehors de l’Île-de-France.

 

Est-ce que vos reconversions ont été facilitées par le fait d’avoir choisi la même orientation vers le dév RoR  ?

F & G — Oui, très clairement.

G — J’ai fait beaucoup de chemin pour m’autoriser à faire du code, un job réservé à l’élite, aux ingénieur-e etc…

F — Mon estime n’était pas meilleure, mais le parcours de Gabriel m’a montré que ça pouvait fonctionner et que le voyage valait le détour.

 

Plutôt dév freelance ou salarié ? 

F & G — On est tous deux salariés. Le moment viendra, on sera peut être un jour freelance, mais pour le moment le mot d’ordre, c’est l’apprentissage. On veut s’entourer de pro senior pour apprendre plus, toujours plus. On a un petit retard sur certains aspects, quand on se compare à des ingé sortis de prestigieuses écoles. On aimerait le combler avant nos 40 ans 😀

 

Quel place occupent vos professions dans votre vie de couple ? 

F & G — Pas tant de place que ça. Bien sûr, on s’aide au quotidien et on partage pas mal de nos trouvailles, mais on n’est pas du style à parler code pendant des heures. Après ce qui est cool, c’est que si on a un problème, l’autre comprend. On n’a pas d’effet moldu 😉

 

On sait que le métier de développeur, c’est un métier où on ramène souvent du travail à la maison, comment arrivez-vous à concilier la vie pro et la vie perso ?

F & G — Chacun sa politique là-dessus !

G — À 18h, la journée est finie et il est très rare que je déroge à la règle, sauf pour des grandes occasions (astreinte, retard accumulé dans la journée…).

F — J’aime bien finir pour être tranquille, quitte à jouer un peu plus sur les limites.

F & G — En revanche, on a une règle incontournable : c’est de ne pas laisser l’autre gérer seul les enfants, et qu’on ne laisse pas l’autre dîner seul. C’est une règle tacite mais inviolée pour l’instant !

 

À quoi ressemble votre quotidien, en mode Amour,  Gloire et lignes de code ? 

F & G — Amour oui, et fortement. Gloire, on ne sait pas, on est en tous cas comblé par notre vie. On travaille pour vivre et pas l’inverse, même si nos métiers nous passionnent jour après jour. On a aussi noté qu’on travaillait très mal ensemble. Va savoir pourquoi. Donc depuis qu’on est tous deux sur RoR, on se laisse un peu de distance.

G — Je suis souvent trop exigeant avec Fanny, sans me rendre compte que certaines pratiques que j’ai, nécessitent du temps, ou les bons mentors pour les assimiler.

F & G — On n’est pas forcément les mieux placés pour s’apprendre des choses en un mot. Même si on s’aime fort. Demandez aux parents comment se sont passé les devoirs pendant le 1er Confinement 😀

 


Amour & RoR — Interview de Chenchen et Julien

À l’occasion de la Saint-Valentin, nous avons eu l’idée de réaliser des interviews de couples qui baignent, de près ou de loin, dans un secteur informatique. Vous pouvez retrouver une version condensée sur notre compte Instagram : Cool IT.

Par soucis de synthèse, on n’a pas pu partager l’entièreté des interviews sur Cool IT. On profite du Cool IT Blog pour vous proposer l’ensemble des propos qui ont été échangés avec les couples qu’on a rencontrés !

Qu’ils soient un couple de développeur, depuis toujours, ou en reconversion, entrepreneurs ou hybride, nous avons souhaité échanger avec Aude et SimonG. et F.Chenchen et Julien, Fen et Erwan sur la place qu’occupe leur profession dans leur vie de couplecomment ils communiquent et équilibrent le professionnel du personnel.

Pour l’interview du jour, nous avons échangé avec Chenchen et Julien, tous les deux développeur•ses Ruby on Rails salariés, en télétravail.

 

Est-ce que vous pouvez vous présenter tous les deux ? Et ce que vous faites dans la vie ? 

Chenchen : Je suis Chenchen Zheng, d’origine chinoise, je suis actuellement développeuse back-end chez Matera <3 depuis août 2021. J’ai fait la formation accélérée du Wagon. J’ai passé plus de 1000 heures sur Animal crossing !

Julien : Je suis Julien Marseille, actuellement développeur fullstack (RoR) chez Squadracer. Joueur de jeu de société à mes heures perdues.

 

Comment vous êtes-vous rencontrés ? 

Dans l’entreprise Watura, une plateforme de formation pour les métiers de l’eau, il y a plus de quatre ans, Julien était en stage de développeur et Chenchen en CDI en tant que CPO.

 

Vous travaillez tous les deux comme développeurs Ruby on Rails, pourquoi avoir choisi de vous spécialiser sur ce langage ?

Chenchen : Les autres développeurs auxquels j’ai été confrontés faisaient du RoR. On me disait beaucoup de bien de la formation accélérée Le Wagon (qui forme à RoR). Je suis donc partie dans cette direction !

Julien : Un peu au hasard au gré de mes rencontres. J’ai eu l’occasion d’en faire durant un stage et j’ai vraiment bien accroché à la syntaxe, alors j’ai continué ^^

 

Pour Chenchen, est-ce que ta reconversion a été facilitée par le fait que ton conjoint soit aussi développeur RoR ? 

Oui complètement, il m’a beaucoup aidé au début et m’a apporté la confiance nécessaire. Maintenant, c’est moi qui lui apprends des trucs héhé.
Cela faisait quand même longtemps que je m’intéressais à ce domaine, j’étais donc un peu préparée !

 

Qu’est-ce qui vous a attiré vers cette profession ? 

Chenchen : Le fait d’avoir un métier challengeant, où j’apprends tous les jours.

Julien : La liberté de pouvoir faire tout et n’importe quoi grâce au code, ainsi que la volonté de bien comprendre le monde qui m’entoure.

 

Vous êtes salarié ou freelance ? Pourquoi avoir choisi ce statut ? 

Chenchen : Salariée, car je débute, j’ai encore besoin d’encadrement.

Julien : Salarié, je suis dans une entreprise opale, où tout le monde participe à la construction de la boîte, c’est un sujet qui est très important pour moi, que je ne retrouve pas en freelance.

 

Quel place occupe vos professions dans votre vie de couple ? 

C’est toujours intéressant de pouvoir s’entraider au quotidien — surtout que nous sommes tous les deux en télétravail — c’est comme avoir un rubber duck ++. On se comprend parfaitement et on aime bien se montrer des petits trucs et astuces. Parfois, il faut quand même arriver à faire la part des choses, sinon on risque un peu l’overdose de code.

 

On sait que le métier de développeur, c’est un métier qu’on ramène souvent du travail à la maison, comment arrivez-vous à concilier la vie pro et la vie perso ?

On a de la chance d’être dans de supers entreprises où ramener du travail à la maison n’est pas trop dans la mentalité. Généralement, à 18h30, on stoppe tout, et on fait autre chose.

 

À quoi ressemble votre quotidien, en mode Amour, Attack on Titan et lignes de code ? 

Coder, jouer à la Switch, Netflix and chill, manger des bons repas (très important ça), boire des bubble tea, visiter des musées, voir les amis, regarder des animes, se faire des petites parties de League of legends, prendre des photos, faire du sport, se faire des bons petits déjeuners.

 


Les Codeuses : un environnement de travail plus sain pour les femmes

Cette semaine, nous avons sorti l’article « Comment attirer et retenir plus de talents féminins dans les secteurs Tech ? ».

Pour répondre à ce sujet, pendant plusieurs mois, nous avons recueilli les témoignages d’une vingtaine de professionnelles et étudiantes ainsi que plusieurs organisations engagées dans la diversité et l'inclusion telles que Ada Tech School, Les Codeuses, Willa, Girls Can Code, Motiv'Her.

En plus de l’article, retrouvez les interviews complètes de :

Découvrez l'interview d’Aurore Pavan, fondatrice de l’agence Les Codeuses

Les Codeuses est une agence BtoB qui a pour vocation le développement de solutions pour les TPE / PME, la formation aux métiers du front-end et à l'entreprenariat pour des femmes non-diplômées ou en reconversion professionnelle.

#1 Pouvez-vous présenter votre agence ?

L'agence Les Codeuses est présente depuis 2016, mais ce n'est que très récemment que nous avons formé une petite équipe de designers et développeuses freelances.

Nous avons à coeur de développer des solutions pour les TPE / PME, qui nous confient la maintenance de sites, leur développement ou le design.

Nous allons également nous consacrer prochainement à la formation e-learning des métiers du front-end pour permettre à des graphistes, ou des freelances d'améliorer leurs compétences et de proposer d'autres services.

#2 Pourquoi avoir décidé de vous centrer sur les femmes ?

Le monde du web étant une industrie très masculine, il était important pour nous de créer un environnement où les femmes auraient plus de facilités que dans une entreprise lambda.

Nous sommes persuadées qu'en créant un environnement de travail plus sain pour les femmes, nous améliorons aussi celui des hommes qui collaborent avec nous. Des horaires de travail adaptés à la vie familiale et le recrutement de profils atypiques sont nos motivations principales.

La formation professionnelle des femmes non-diplômées est également un vrai problème. Il est très difficile pour elles d'être acceptées dans une formation classique de développement web ou webdesign, car les institutions (Pôle Emploi ou autre) demandent systématiquement un diplôme. Elles sont donc cantonnées à des métiers peu valorisants sans prendre en compte leur motivation et leur capacité d'apprentissage.

Certaines associations ou entreprises font un travail formidable en présentiel, mais les femmes éloignées géographiquement des grandes villes n'ont pas toujours la possibilité de faire garder leurs enfants pour suivre des cours 8h par jour à plusieurs dizaines de kilomètres, surtout en province. 

C'est pourquoi Les Codeuses proposera très prochainement des formations e-learning sur les métiers du front-end, du webdesign et de l'entreprenariat, à destination des femmes non-diplômées, en reconversion professionnelle ou en recherche d'amélioration de leurs compétences. 

#3 À quelles difficultés les femmes font-elles face dans ce milieu ?

Le manque d'informations sur les métiers du numérique est encore très répandu. Les croyances disant que les femmes sont plus douées dans le social que dans des métiers d'ingénierie sont encore très prégnantes dans nos sociétés occidentales.

Ces métiers méconnus souffrent encore de l'image de geeks boutonneux des années 80 / 90. Ces hommes qui ne sortaient de chez eux qu'en cas d'urgence, préférant leur ordinateur ou leurs jeux vidéos à une vie équilibrée et saine. Cela ne fait pas "rêver" les jeunes filles qui manquent cruellement de références féminines dans le milieu de la tech.

Des profils comme Ada Lovelace, sans qui le programme informatique n'aurait pas existé, ou de Susan Kare, designer de talent qui a créé la notion d'icônes facilitant la navigation sur les premiers Macintosh, sont très peu connues du grand public. Idem pour les dirigeantes de la tech. Tout le monde connaît les CEO de Facebook, Twitter, Google etc. Mais peu de gens savent que Marissa Mayer qui a dirigé Yahoo pendant 5 ans et qui était n°2 de Google avant cela. 

Si les jeunes filles manquent de références et d'informations, elles subiront malgré elles ce que la société leur impose et n'envisageront même pas d'étudier dans l'informatique.

Il y a aussi le sexisme, très présent dans toutes les sphères de la société où les hommes dominent largement. Beaucoup d'étudiantes en informatiques dénoncent régulièrement sur les réseaux sociaux ces blagues déplacées, allant parfois jusqu'au harcèlement sexuel, tout comme des collègues travaillant en entreprise d'ailleurs. 

#4 Comment préparez- vous les femmes à entrer dans un milieu professionnel majoritairement composé d'hommes ?

Chez "Les Codeuses", nous préférons mettre en place un système où les femmes se sentent bien, tout simplement. Nous estimons être des êtres humains, nous n'avons pas à faire un choix entre sa vie de famille et son travail ou le respect de sa personne et son job. Cela rend les gens plus heureux, et donc plus productifs et efficaces à leur poste.

Les femmes ne doivent cependant pas avoir peur de s'affirmer. Il est de notoriété publique que les développeurs ont parfois un ego surdimensionné. Tous les stratagèmes sont permis pour imposer sa façon de faire, avoir du caractère et une répartie intelligente suffit souvent à régler ce problème.

Nous leur disons simplement que pour ne pas subir, il faut agir. Dénoncer systématiquement les comportements déplacés et vulgaires permet aussi aux hommes qui en sont coupables de se rendre compte de leurs méfaits. Tous ne sont pas des prédateurs, et heureusement que l'on trouve des hommes de plus en plus aptes à agir contre le sexisme en entreprise. Le chemin est long, mais c'est un travail de chaque instant et cela nécessite donc une vigilance constante.

#5 Quels conseils donneriez-vous à une entreprise souhaitant recruter plus de talents féminins ?

Il y a des choses simples à mettre en place, qui ne doivent pas concerner uniquement les femmes, mais toutes celles et ceux qui travaillent au sein d'une entreprise.

Imposer des horaires fixes, le choix du télétravail partiel ou complet, ne jamais tolérer le manque de respect envers un ou une collègue, l'égalité dans les salaires et les promotions, sans que le congé maternité n'entre en ligne de compte.

Ce sont des mesures de bon sens qui ne coûtent presque rien, mais qui peuvent changer beaucoup de choses.

#6 Quelles sont les mesures concrètes que les entreprises devraient mettre en place pour lutter contre le harcèlement et la discrimination ?

Il faut d'abord imposer une vraie politique de tolérance zéro concernant le manque de respect, et pire, les agressions au sein des entreprises. 

Sous couvert d'avoir l'air "cool", on voit de plus en plus de startups où le jeu et l'environnement sympa se transforment en vrai cauchemar pour certaines femmes. Lorsque la familiarité est omniprésente, on s'expose plus facilement aux dérapages, et ce sont trop souvent les femmes qui en font les frais. Il est donc important de construire un environnement sécurisé où tout le monde est respecté.

Des formations contre le harcèlement et les discriminations existent également et permettent aux entreprises de sensibiliser tous les acteurs. Elles permettent souvent de faire prendre conscience des comportements nocifs et discriminants à des personnes qui n'en voyaient pas nécessairement le mal et de trouver des solutions concrètes pour améliorer la vie au travail.

Enfin, les entreprises peuvent agir de manière concrète en mettant en place une vraie mixité. Pourquoi se priver d'autodidactes curieux et débrouillards, de personnes en reconversion professionnelles, même si elles sont proches de la retraite, de personnes de différentes cultures ou convictions religieuses et surtout de femmes ? 

Le web est avant tout construit pour les utilisateurs. C'est notre rôle de concevoir des interfaces pour tous. Comment pouvons-nous prétendre le faire sérieusement si nos équipes ne reflètent pas les utilisateurs que nous sommes censés servir ? 

S'imposer un quota de femmes dans une entreprise permettra inévitablement d'agir efficacement contre le harcèlement. Plus on a de profils différents au sein d'une structure, moins des clans dominants se forment, permettant inévitablement de diminuer les discriminations. 

Si les entreprises n'agissent pas véritablement pour une meilleure mixité dans la tech, ce ne sera pas seulement la qualité de vie au travail qui en fera les frais, ni même la simple représentation des femmes dans ces métiers. Avec l'avènement de l'intelligence artificielle, ce sera tout un monde connecté qui sera prochainement biaisé en imposant un regard purement masculin et dont les femmes seront de fait exclues, ou en tout cas, qui ne se reconnaîtront pas dans les futures interfaces proposées.

Photo by Christina @ wocintechchat.com on Unsplash


Les stages Girls Can Code pour sensibiliser les jeunes filles à la Tech

Cette semaine, nous avons sorti l’article « Comment attirer et retenir plus de talents féminins dans les secteurs Tech ? ».

Pour répondre à ce sujet, pendant plusieurs mois, nous avons recueilli les témoignages d’une vingtaine de professionnelles et étudiantes ainsi que plusieurs organisations engagées dans la diversité et l'inclusion telles que Ada Tech School, Les Codeuses, Willa, Girls Can Code, Motiv'Her

En plus de l’article, retrouvez les interviews complètes de :

Découvrez l'interview de Mélanie Tchéou et Clarisse Blanco, membres de l’association Prologin, à l'initiative des stages Girl can Code!

Les stages Girls Can Code! sont des programmes qui visent à promouvoir la mixité dans le numérique, en initiant les collégiennes et lycéennes aux disciplines informatiques.

#1 Pouvez-vous présenter votre association ?

Prologin est une association fondée en 1992, portée par des étudiants. Elle est à l'origine du concours national d'informatique du même nom. Il s’agit d’un concours de programmation et d'algorithmique, gratuit et ouvert à tous les jeunes francophones de moins de 21 ans.

Depuis 2014, Prologin s’engage pour promouvoir la mixité dans le domaine du numérique. Pour cela, l'association organise les stages Girls Can Code : stages gratuits, d'initiation à la à l'informatique destinés aux collégiennes et lycéennes. Nous accueillons chaque année des dizaines de jeunes filles qui souhaitent découvrir ou s'améliorer en programmation.

#2 Pourquoi avoir créé un stage d’informatique pour jeunes filles ?

Cette initiative, qui a vu le jour en 2014, part du constat que les femmes sont sous-représentées dans le numérique. Pour y remédier, Prologin organise des stages, sur une semaine ou pendant un week-end, pour permettre aux collégiennes et aux lycéennes de découvrir la programmation. Ces stages se déroulaient initialement seulement à Paris, mais sont maintenant aussi organisés dans différentes régions françaises. Au cours de ces sessions, des femmes travaillant dans le numérique viennent présenter leur métier et parler de leur parcours. En plus d’une pure initiation au code, nous organisons des ateliers découverte : l’informatique ce n’est pas que la programmation !

L’objectif de Girls Can Code! est de leur faire prendre conscience qu’elles peuvent tout à fait y faire carrière et que ce n’est pas un secteur réservé aux hommes.

#3 À quelles difficultés les femmes font-elles face dans ce milieu ?

Le monde de l'informatique est très fortement masculin. En effet, on a tendance à associer les métiers du numérique aux hommes, ce qui laisse facilement la place aux stéréotypes et idées reçues, comme le fait qu'il s'agirait d'un métier pour les hommes, ou que les femmes seraient moins compétentes que les hommes.
Ces idées reçues facilitent aussi l’installation du sexisme ordinaire, ce qui peut en décourager plus d'une, ou au moins générer des difficultés pour certaines femmes à se faire respecter et/ou s'imposer.

Déjà en minorité dans l’informatique, les femmes sont également peu représentées dans ce domaine à travers les médias et la télévision. Nous n’avons donc à notre disposition, que trop peu de role models dont on peut s’inspirer et auxquelles s’identifier. Ce manque est aussi un vecteur qui peut amener plus facilement les femmes à s’interroger sur leurs compétences et leur légitimité dans ce secteur composé à majorité d’hommes. Cette remise en question permanente peut alors mener au syndrome de l’imposteur.

#4 Comment préparez-vous les jeunes filles que vous formez à entrer dans un milieu professionnel majoritairement composé d'hommes ?

L’association ne vise pas à former les jeunes filles à entrer dans un milieu professionnel composé majoritairement d’hommes. Le but des stages Girls Can Code! est plutôt d’initier les collégiennes et lycéennes à l’informatique et au code, à lutter contre les stéréotypes associés à notre discipline et à promouvoir la mixité dans ce milieu professionnel.

#5 Quels conseils donneriez-vous à une entreprise souhaitant recruter plus de talents féminins ?

Tout d’abord, nous tenons à préciser que nous sommes étudiantes et que nous n’avons pas forcément beaucoup d’expérience dans le monde du travail, hormis des stages. Pour cette question, nous nous appuyons donc sur notre expérience et ce que nous avons pu observer dans notre entourage.

Les femmes sont sous-représentées dans l’informatique en grande partie car elles pensent que ces études et ces métiers ne sont pas faits pour elles, mais aussi, en raison du manque cruel d’informations. Sensibiliser les plus jeunes à ce sujet, en menant, ou même supportant des actions visant à promouvoir l’informatique, peut permettre d’augmenter la part des femmes dans cette discipline. C’est déjà ce que font certaines entreprises qui soutiennent Prologin et ses actions à travers les stages Girls Can Code!

Ces initiatives ont tendance à viser un public plus jeune, mais certaines femmes en milieu voire même fin de carrière peuvent également se rendre compte que l’informatique est un domaine qui les intéresse, et décider de se lancer dans une reconversion professionnelle. Les entreprises pourraient les aider dans cette démarche, ce qui serait très encourageant pour elles et pourrait même pousser celles qui hésitent encore à se lancer.

Les entreprises peuvent également chercher à rendre l’environnement et l'ambiance de travail agréables et non-toxiques pour les femmes. Des sensibilisations auprès des employés pourraient participer à améliorer ce point.

Plus encore, le gender washing à outrance, présent dans certaines entreprises peut décourager des femmes à postuler et ainsi avoir l’effet inverse. Par exemple, lorsque cet engagement pour l’égalité des genres est plutôt utilisé à des fins de marketing pour se donner une bonne image et qu’en interne, cet engagement ne se poursuit pas forcément. Il paraît donc important de trouver un équilibre.

#6 Quelles sont les mesures concrètes que les entreprises devraient mettre en place pour lutter contre le harcèlement et la discrimination ?

De notre point de vue d’étudiantes, il nous est difficile de donner beaucoup d’idées concrètes, mais la plus évidente et la plus simple reste la sensibilisation. Sensibiliser les employés à ces thématiques nous paraît être la première étape dans la lutte contre le harcèlement et la discrimination, et cela n’est pas valable que contre le sexisme, mais aussi le racisme et autres formes de discrimination. Cela permettrait dans un premier temps à ceux qui ne se rendaient pas compte de la situation d’y être plus attentifs, et peut-être même les pousser à réagir aux actes discriminatoires et/ou de harcèlement. Dans un second temps, la sensibilisation pourrait en pousser d’autres à agir et mener par eux-mêmes des actions de ce type. Cela est d’autant plus efficace que la nouvelle génération tend à être plus engagée dans ce genre de démarches.

Une autre mesure pourrait être la mise en place de référents mixité dans les entreprises. Ce seraient des personnes qui auraient un rôle d’écoute auprès des personnes touchées par des actes de discriminations et de harcèlement, mais également qui seraient chargées de remonter ces problèmes à leur direction.

L’idée générale est de ne pas rester passif face à ce genre de comportements, en réagissant lorsque l’on en est témoin, et l’idéal serait d’être proactif pour prévenir ces actes, à l’aide de mesures de prévention comme décrit plus tôt.


Willa, l'association qui donne aux femmes le pouvoir d'entreprendre

Cette semaine, nous avons sorti l’article « Comment attirer et retenir plus de talents féminins dans les secteurs Tech ? ».

Pour répondre à ce sujet, pendant plusieurs mois, nous avons recueilli les témoignages d’une vingtaine de professionnelles et étudiantes ainsi que plusieurs organisations engagées dans la diversité et l’inclusion telles que Ada Tech School, Les Codeuses, Willa, Girls Can Code, Motiv’Her

En plus de l’article, retrouvez les interviews complètes de :



Découvrez l’interview de Flore Egnell, Déléguée Générale de Willa


 

Willa est un accélérateur d’entreprise qui oeuvre à plus de diversité et d’inclusivité dans les écosystèmes startup. Chaque année, l’équipe Willa accompagne des entrepreneur-e-s à lancer, accélérer ou développer leurs projets. L’ensemble de leurs programmes sont réservés aux projets qui ont au moins 1 femme dans leur équipe dirigeante, avec un réel rôle de décisionnaire.


#1 Pouvez-vous présenter Willa et ses actions ?

Willa œuvre depuis 16 ans pour accélérer la mixité dans l’entrepreneuriat en donnant aux femmes le pouvoir d’entreprendre. L’association accompagne plus de 70 startups fondées ou co-fondées par une femme par an et plus de 200 femmes via des bootcamps pour passer de l’idée à l’action par an. Nous avons ainsi plusieurs champs d’actions :
1. Accompagnement avec des programmes d’accompagnement pour des projets de la phase de l’idée jusqu’aux 3 premières années d’activité ;
2. Sensibilisation avec des plaidoyers et des événements de sensibilisation aux côtés de partenaires engagés et de collectivités locales impliquées dans les sujets d’inclusion et de diversité ;
3. Création et mise en lumière de rôles modèles accessibles avec la mise en avant d’entrepreneures et de startups fondées ou co-fondées par des femmes, dans les médias et événements de l’écosystème ;
4. Vulgarisation et démocratisation des codes l’entrepreneuriat avec des ateliers ouverts à tou.te.s et des événements pour donner à toutes les clés pour entreprendre et encourager les femmes de tous les horizons à se lancer ;
5. Déconstruction de biais de genre et de clichés sur l’entrepreneuriat, au travers de l’ensemble de ces actions.


#2 Pourquoi avoir créé Willa ?

Pour accélérer la mixité et la diversité dans le secteur de l’innovation et la Tech. L’association a été créée en 2005 pour lutter contre les biais de genre profondément ancrés dans la société et réduire les inégalités liées au genre dans l’entrepreneuriat. Aujourd’hui, WILLA élargit le spectre de ses actions et souhaite faire émerger de nouveaux profils pour créer et façonner le monde de demain : des femmes de tout âge et de tout horizons, pour refléter la société d’aujourd’hui et créer celle de demain.


#3 Bien qu’on fasse complètement partie de l’histoire de l’informatique, qu’est-ce qui fait qu’on soit aujourd’hui si peu de femmes dans ce secteur ?

Plusieurs raisons peuvent expliquer le manque de représentation des femmes dans le secteur de l’informatique :
1. La minimisation de la participation des femmes aux découvertes scientifiques et avancées dans le secteur de l’informatique, qui a conduit à un cruel manque de rôles modèles : les femmes ne s’identifient plus naturellement à ce secteur ;
2. Les biais de genre conscients et inconscients structurellement intégrés depuis l’enfance : les femmes doivent s’orienter vers des sciences douces (dites molles) et les hommes vers des sciences dures, comme l’informatique. Peu de femmes dans ces secteurs en font un milieu « hostile » pour les femmes ;
3. Un sexisme et une discrimination davantage présents dans ces secteurs, les rendant moins accessibles et attractifs pour les femmes.


#4 À quelles difficultés les femmes font-elles face dans leur parcours ?

Comme les hommes, les femmes se heurtent aux attentes liées à leur genre, qui malheureusement deviennent plus souvent des difficultés que pour leurs homologues masculins.
1. Le sexisme et les discriminations liées au genre, le harcèlement : altération de la confiance en soi, syndrome de l’imposteur, dépense d’une énergie à affirmer leur légitimité, qui pourrait être investie dans leur projet de carrière ;
2. La dévalorisation financière de leur travail, manque de confiance en leur compétences, plafond de verre, difficultés à lever des fonds… ;
3. La maternité : difficultés physiques et organisation du temps, idées reçues de l’entourage et pression sociale.


#5 Selon vous, qu’est-ce qu’il faudrait faire pour motiver davantage les femmes à rejoindre des filières Tech et à y rester ?

Il faut inspirer et donner de la motivation aux femmes qui souhaitent s’engager dans ces filières, car elles y ont tout à fait leur place. Il ne faut plus minimiser leur présence dans ces secteurs et il faut valoriser le travail des femmes dans la tech, pour créer des rôles modèles inspirants pour les générations en poste et celles à venir.
Pour changer les choses profondément, il faut donner envie aux jeunes filles et jeunes femmes de se saisir des enjeux de la tech dès le secondaire. Cela passe par l’éducation dès la petite enfance, puis par une sensibilisation dès l’enseignement primaire et et encore davantage encore au moment de leur choix d’orientation dans le secondaire.


#6 Quelles sont les mesures concrètes que les entreprises devraient mettre en place pour lutter contre le sexisme ?


La première choses qu’elles peuvent faire, c’est mesurer le degré de diversité et de mixité de leurs équipes, pour en analyser ensuite les potentielles retombées. L’état des lieux, c’est la première étape pour prendre conscience des enjeux de mixité et mettre en place une politique inclusive adaptée, en matière de recrutement notamment.

Elles peuvent ensuite mettre en place un recrutement inclusif : fixer des quotas à l’embauche, avoir des fiches de poste et une diffusion inclusives dans les termes utilisés dans la rédaction et les représentations sur les photos, définir un processus inclusif de recrutement… Par exemple, veiller à ce que les candidat.e.s rencontrent autant d’hommes que de femmes aux différentes étapes de recrutement.

Enfin, une fois les équipes en poste, il est important de favoriser l’égalité au sein des équipes avec des barèmes sur les salaires, des actions de sensibilisation et formation des équipes et la valorisation de rôles modèles et de bonnes pratiques.