Cette semaine, nous avons sorti l’article « Comment attirer et retenir plus de talents féminins dans les secteurs Tech ? ».
Pour répondre à ce sujet, pendant plusieurs mois, nous avons recueilli les témoignages d’une vingtaine de professionnelles et étudiantes ainsi que plusieurs organisations engagées dans la diversité et l’inclusion telles que Ada Tech School, Les Codeuses, Willa, Girls Can Code, Motiv’Her
En plus de l’article, retrouvez les interviews complètes de :
- Salomée David-Baousson, Brand Content Manager chez Ada Tech School
- Aurore Pavan, Fondatrice de l’Agence Les Codeuses
- Flore Egnell, Déléguée Générale chez Willa
- Clarisse Blanco et Mélanie Tchéou, Membres de Girls Can Code
- L’équipe Motiv’Her
Découvrez l’interview de Salomée David-Baousson, Brand Content Manager chez Ada Tech School.
Ada Tech School est une école d’informatique qui s’est donnée pour mission de faciliter l’accès aux métiers du code et de promouvoir la féminisation des disciplines de la Tech.
Le spécificité de cette école ouverte à tous-tes est de proposer aux apprenant-e-s une formation qui déconstruit les biais genrés et culturels de l’informatique.
#1 Pouvez-vous présenter Ada Tech School et ses actions ?
Ada Tech School est une école d’informatique d’un nouveau genre, qui délivre une formation en 2 ans. Elle repose sur une pédagogie alternative inspirée de celle Montessori : elle enseigne le code à ses apprenant·e·s dans un environnement féministe et bienveillant. Elle met en place des actions concrètes pour permettre un véritable épanouissement des apprenant·e·s, notamment en évitant une notation traditionnelle et en favorisant l’acquisition de badges de compétences, en favorisant le travail collaboratif, en permettant la remontée d’informations, en favorisant la mixité des promotions et l’égalité des chances.
#2 Pourquoi avoir créé Ada Tech School ?
Le secteur de l’informatique manque cruellement de diversité, avec seulement 15% de développeuses et 10% de femmes en étude d’informatique. Le problème est que le numérique aujourd’hui crée le monde de demain et est façonné majoritairement par des hommes, ce qui ne lui permet pas d’être inclusif.
En effet, de nombreux algorithmes sont discriminants par manque de mixité des équipes de développeur·se·s. Nous avons dédié un article à ce sujet : https://blog.adatechschool.fr/les-biais-algorithmiques-ou-comment-le-code-est-injuste-et-discriminant/
Pour permettre une véritable inclusion des femmes dans le secteur tech et dans la société dans son ensemble, nous avons voulu repenser chaque maillon du modèle de l’école d’informatique : la communication, la sélection, la pédagogie. Ce qui fait qu’aujourd’hui, nous recevons 70% de candidatures féminines. Féminisme étant synonyme d’égalité, les hommes sont également les bienvenus au sein de notre école. Le but est de former des alliés, qui auront à travailler ensemble dans leur vie professionnelle future.
Nous avons donc créé Ada Tech School pour permettre aux femmes de trouver une école d’informatique bienveillante, où elles ne seront pas minoritaires et dans laquelle elle ne se retrouveront pas discriminées. Cette école leur permet d’accéder à des postes de développeuses, qui constitue un des métiers les plus recherchés sur le marché de l’emploi et dans lequel elles pourront faire bouger les choses.
#3 Bien qu’on fasse complètement partie de l’histoire de l’informatique, qu’est-ce qui fait qu’on soit aujourd’hui si peu de femmes dans ce secteur ?
Le manque d’intérêt des femmes pour l’informatique est la finalité d’une longue histoire lourde de stéréotypes et de sexisme. A l’époque de la naissance de l’informatique, les femmes ont joué un grand rôle dans son développement, notamment en codant. Mais elles restaient tout de même très marginalisées : elles étaient sous les ordres de concepteurs masculins, elles ne pouvaient pas accéder à des certifications de compétences car la matière était encore trop récente, etc… Cette forte implication des femmes dans l’informatique à ses débuts a fait qu’il s’agissait d’un secteur beaucoup moins sexiste que les autres, car très féminisé, ce qui attirait plus de femmes. Un super cercle vertueux à ce stade.
Voyant les limites des machines informatiques de l’époque, les ingénieurs (souvent des hommes) ont dû contourner les lenteurs des premiers ordinateurs. Les codes sont alors devenus plus complexes. Le métier de développeur·e·s a donc été revalorisé face à la charge et à la difficulté du travail qu’il nécessitait. Les femmes ont été exclues rapidement de ce secteur d’activité. Avec le développement industriel de l’informatique, les nombreuses femmes développeuses des années 70 ont voulu intégrer ce marché de l’emploi. Or, les recruteurs refusaient de les intégrer car cela symbolisait pour eux une « dévaluation du métier. » Les femmes ayant moins accès aux études supérieures, n’ayant pas eu de certification de compétences à l’époque, elles n’avaient plus de crédibilité.
L’éducation patriarcale a ensuite joué son rôle : placement des premiers ordinateurs personnels dans la chambre des petits garçons, publicités orientées exclusivement vers la cible masculine, etc… Au moment des études supérieures, les hommes avaient donc un train d’avance sur les femmes. C’est ici que le cercle vicieux a commencé à prendre forme. Les femmes s’intéressent donc moins à l’informatique parce qu’on les a évincées, au fur et à mesure, de la montée en puissance de ce domaine d’activité, elles sont donc minoritaires et souvent discriminées.
Pour revaloriser les femmes actrices dans l’informatique, nous avons consacré une exposition gratuite : https://adatechschool.fr/exposition/
#4 À quelles difficultés les femmes font-elles face dans leur parcours ?
Les femmes subissent des discriminations. En effet, 70% de femmes disent avoir fait l’objet de sexisme dans le cadre de leurs études en école d’informatique. Ces discriminations sont aussi présentes dans les entreprises, les chiffres parlent encore d’eux-même dans ce cas : 41% des femmes quittent leur poste dans le secteur de l’informatique après 10 an de carrière. De plus, le salaire des femmes dans le secteur de l’informatique est 16% inférieur à celui des hommes. C’est pour toutes ces raisons que les femmes se désintéressent de ce secteur, en plus d’avoir été conditionnées par la société depuis le départ sur le fait qu’elles ne soient apparement par faites pour ça.
#5 Selon vous, qu’est-ce qu’il faudrait faire pour motiver davantage les femmes à rejoindre des filières Tech et à y rester ?
Il faut s’adresser spécifiquement à elles, leur offrir un environnement dans lequel elles se sentent bien, en confiance et en égalité avec leurs homologues masculins.
A côté, sachant que l’éducation au sens large les a éloigné de ce domaine, plutôt réservé aux hommes, il est nécessaire de les rassurer sur le fait qu’il n’y a pas de prérequis à avoir pour entamer une formation dans le domaine. C’est un métier qui s’apprend et cela ne devrait pas être un frein.
D’autres critères sont aussi attirants pour elles : la volonté croissante des entreprises à mettre en place une politique plus égalitaire et des systèmes anti-discrimination, l’offre de travail importante sur le marché de l’emploi, l’envie de vouloir travailler à rendre le monde plus juste, car le code façonne notre société, etc…
#6 Quelles sont les mesures concrètes que les entreprises devraient mettre en place pour lutter contre le sexisme ?
Notre formation fonctionnant en deux ans, avec une année d’alternance, nous avons des partenaires qui offrent des mesures concrètes pour contrer le sexisme en entreprise et plus largement les inégalités femmes-hommes.
Pour nous assurer de travailler avec des organismes respectant nos valeurs, nous avons mis en place une charte d’entreprise.
En premier lieu, une mesure concrète est de s’engager avec nous pour engager des apprenant·e·s en alternance qui ont des parcours variés, afin de diversifier les équipes.
Mais de multiples manières de s’engager pour l’égalité et contre le sexisme existent : notre partenaire ManoMano met en lumière des réussites féminines auprès des publics externes et internes.
Cela va aussi passer par des politiques adaptées de congés maternité, d’accès aux promotions, d’adaptation des horaires de travail pour permettre la gestion des enfants, de créer des mécanismes anti-harcèlement et discriminations au travail, etc…

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